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Espagne-Le gouvernement annonce des mesures pour juguler la crise du logement
information fournie par Reuters 29/09/2026 à 14:42

Le gouvernement espagnol a annoncé mardi de nouvelles mesures visant à juguler la crise du logement dans le pays et notamment dans les villes dont une interdiction des expulsions jusqu'en 2030, un durcissement de la réglementation sur la location de courte durée et une prolongation de deux ans des baux existants.

L'annonce de ce décret-loi, qui doit être approuvé par le Parlement dans les 30 jours qui suivent, intervient lors du quatrième jour d'occupation de la Puerta del Sol, l'une des principales places de Madrid, par des manifestants protestant contre l'expulsion d'une octogénaire vendredi.

"Il est temps d'intervenir sur le marché immobilier spéculatif et de commencer à rétablir l'équilibre entre les citoyens et les fonds vautours', a déclaré sur la plate-forme X la ministre de la Santé Monica Garcia, membre de Sumar, un partenaire du Parti socialiste au sein de la coalition de gauche pouvoir.

Cette dernière est cependant minoritaire au sein du Parlement ce qui complique toute tâche législative. Le gouvernement devra ainsi notamment s'assurer du soutien de Junts, le parti politique indépendantiste catalan, pour espérer faire voter les mesures annoncées.

Mais Junts a dit que ces dernières était loin du compte à ses yeux, estimant que les petits propriétaires n'étaient pas assez protégés.

"Nous sommes tous d'accord pour dire que les expulsions - lorsque le bien appartient à un fonds, un fonds vautour, géré par une personne qui administre des millions d'euros - doivent évidemment cesser", a déclaré Miriam Nogueras, porte-parole de Junts, sur la chaîne RTVE.

"Mettre dans le même sac ceux qui ont investi leurs économies dans un appartement, un restaurant ou un bien immobilier (et ces fonds) est une erreur", a-t-elle ajouté.

Après avoir été expulsée par la police sur civière de son logement madrilène qu'elle occupait depuis plus de sept décennies Maricarmen Abascal, 87 ans, est devenue le symbole de colère contre la pénurie de logements et la flambée des loyers.

Selon Beatriz Duro, l'avocate de Maricarmen Abascal, UrbaGestion, le fonds propriétaire de son appartement, lui a proposé lundi un accord préliminaire qui pourrait lui permettre de réintégrer son logement si elle en acceptait les conditions.

Cela impliquerait de verser 30% de sa retraite au cours des huit prochaines années ou environ 500 euros par mois, soit un montant similaire à celui qu'elle payait avant l'expulsion.

"Elle n'aurait jamais dû être contrainte de partir" a dit à des journalistes Beatriz Duro.

"J'espère que cette affaire permettra d'apporter une réponse collective à la crise du logement", a-t-elle poursuivi, précisant que la proposition d'UrbaGestion était la bienvenue mais déplorant le refus de négocier ou de discuter longtemps opposé par le fonds.

(David Latona et Mireia Merino, Version française Benoit Van Overstraeten, édité par Augustin Turpin)

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